mardi 30 avril 2013

Ce texte n'est pas un hymne à Hugo Lapointe, qui est célibataire et qui commence à s'y faire...

Le célibat peut être une bien belle aventure... qui nous fait suer au printemps parce que les couples, ayant hivernés tout l'hiver durant, se mettent à sortir de leur cachette et à parader leur bonheur dans nos faces (ici, le "nos" inclut toutes les faces des personnes célibataires qui, comme moi, ont parfois envie de leur crier "get a... euh.. get a cottage d'in Laurentide!")

Voici, amis en couple, quelques pistes de réflexion à savourer conjointement  dans votre spa familial en buvant un verre de rouge et en faisant des projets d'avenir esti...


- Il est possible que la personne sans conjoint (e) préfère finir le vendredi soir dans un bar plutôt que dans ta maison. Ta demeure est sûrement magnifique et ta compagnie très agréable... mais vois-tu, à moins d'avoir organisé un "speed dating" à côté de  ton micro-ondes avec les voisin(e)s potentiel(le)s de ton quartier, ton ami(e) célibataire n'a pratiquement aucune chance de rencontrer quelqu'un dans ta cuisine. Et rencontrer quelqu'un est fort probablement sa mission de vie à l'heure qu'il est.

- Invitez-la dans vos souper de couple une fois de temps en temps... mais pas trop souvent.

- Le réfrigérateur du célibataire est généralement... vide. N'ayant que lui ou elle à nourrir, la personne sans attache affective ne se "casse pas le bécik" quand c'est le temps de se faire à souper. Si la dite personne élève un ou deux enfants, il est possible de retrouver dans son réfrigérateur quelques "extras" du genre Minigo ou Ben la pieuvre le Ficello.

- Lorsque vous invitez le célibataire dans une activité de groupe (comme louer un chalet pour le week-end ou faire une escapade dans le sud), n'oubliez pas que cette personne n'a qu'un seul revenu. Donc divisez les dépenses entre chaque personne et non entre chaque couple. Vous contribuerez également à ce que la dite personne se sente moins looser.

- N'ayez pas ce regard de pitié lorsque la personne célibataire vous raconte que cette fois, Monique n'était définitivement pas la bonne ... et que Paul aurait sûrement eu plus de chance s'il était plus viril... et que si ce n'était pas du problème érectile de Joseph... et qu'Hélène habite encore chez ses parents... Dites-lui que vous l'enviez d'avoir une vie si trépidante, même si ce n'est pas vrai...

- Ayez du flair. Votre cousin(e) célibataire arrive en ville et ne connaît pas la région? C'est le moment de réécouter quelques épisodes de la fantastique émission Coup de foudre, histoire de vous préparez à bien jouer les entremetteurs/entremetteuses...

- La personne célibataire vit généralement en appartement... Ne faites aucune remarque lorsque vous allez souper chez elle et que vous mangez debout dans l'embrasure de la salle de bain et que vos enfants sont empilés les uns sur les autres dans l'unique chambre de ce coquet et confortable appartement. Dites-vous qu'en vivant dans si peu d'espace, votre ami(e) laisse toute la place aux rapprochements.

- Si votre amie célibataire est une fille, il est possible que les pôles de rideaux ne soient pas au niveau, que l'évier de la cuisine dégoûte et que le meuble dans l'entrée soit chambranlant. Offrez-lui votre aide, qu'elle refusera...

- Si votre ami célibataire est un garçon, il est possible que son poster chanceux de Guns N Roses soit encore sur le mur de sa chambre, que la télévision soit le plus gros meuble de la place et que le mot "coquetterie" ait le goût de se suicider. Achetez lui un rideau de douche à la mode et un tapis de bain dans les mêmes tons, qu'il acceptera...

- N'essayez pas à tout prix de "matcher" votre ami(e) célibataire en lui disant, par exemple, que Roger, du haut de ses 5 pied 1, est l'homme idéal. Que sa calvitie naissante est un signe de maturité, qu'on ne remarque presque pas les postillons qui sortent de sa bouche lorsqu'il nous zezette quelques mots et qu'enfin, il sera doux et agréable de trouver le repos dans les bras de cet-homme-tout-à-fait-charmant. 
Ta yeule. Juste ta yeule.

Bon! Après avoir mangé ce délicieux demi pamplemousse pour souper, j'm'en vais me coucher entre mes deux... oreillers.






dimanche 21 avril 2013

Rouyn. (Soupirs).

On a le droit de toute dire icitte
même la vérité
On a le droit de toute faire
même rien
Y'a rien qu'icitte qu'on est ben
- Desjardins-



T'as raison Richard...
Y'a pas un autre endroit au monde où je voudrais vivre, où je voudrais élever mon fils...

Y'a pas un autre endroit au monde où je voudrais me prendre une "poignée" de merises dans le chemin d'chalet, où je voudrais que "ça goûte la mine", où je voudrais payer 850$ pour un vieux 4 et demi pas rénové avec vue sur la Noranda...

Y'a pas un autre endroit au monde où je voudrais me la couler douce sur une terrasse qui m'a vue devenir adulte, où je voudrais me sentir vieille dans le bar de la dernière chance, où je voudrais me coucher aux petites heures 4 jours d'affilée dans un festival qui me rend fière d'être Abitibienne...

Y'a pas un autre endroit au monde où je voudrais voir la neige au mois de mai et en entendre parler à toutes les sauces, où je voudrais enseigner dans mes souvenirs d'enfance, où je voudrais que le gars du dépanneur m'appelle par mon prénom...

Mais des fois, je prendrais de grandes vacances ailleurs qu'icitte pour m'en souvenir. Suis-je la seule?

J'aimerais avoir le privilège de présenter ma "date" à mes amies sans me faire dire dans le creux de l'oreille "Je le fréquentais le mois passé, pis c'est moi qui l'a flushé".

J'aimerais être moins dépendante du prix des métaux et donc, avoir la possibilité de m'acheter autre chose qu'une "shed" à 300 000$ pour y habiter.

J'aimerais arrêter d'osciller entre mon parka, mon "coat" de jeans et mon bikini dans la même semaine.

J'aimerais faire mon épicerie en jogging/pas maquillée/échevelée en étant certaine de ne PAS rencontrer quelqu'un que je connais dans le rayon des surgelés

J'aimerais avoir d'autres choix que La Senza ou Walmart quand vient le temps de m'acheter une brassière.

J'aimerais aller danser le vendredi soir sans connaître par coeur la "playlist" du DJ.

Des détails me direz vous... vous avez raison. C'est une toute petite écoeurantite-tite-tite de ce grand village qui a les défauts de ses qualités.
Mais malgré tout, je t'aime d'être aussi Rouyn, Loin-Noranda...

dimanche 14 avril 2013

Eliott dans mes culottes




Y'a des jours où je me sens envahie. Mon fils, être d'émotions brutes, se prend pour un membre fantôme. MON membre fantôme... Ses mains dans mon eau de vaisselle, ses fesses assises sur moi pendant un film, ses doigts qui me "grafignent" quand je parle avec quelqu'un d'autre et ses yeux qui me regardent à chaque instant, l'air de me dire "anime-moi maman, j'attends après toi". J'ai même appris à aller à la toilette la porte ouverte parce que t'sais, entre ça où l'endurer "varger" avec ses pieds, je ne sais pas ce qui est pire sur la concentration. Je me surprends parfois à l'envoyer faire "une sieste" de 20 minutes, pour reprendre mon souffle ou me permettre de prendre une douche... ingrate, peut-être. Fatiguée, probablement.

Si Eliott aimait aller au parc, chez Ouistiti, jouer aux quilles, manger au restaurant, aller au cinéma, jouer avec des amis... mais non. Eliott crie et tolère peu les nouvelles activités de ce genre. Eliott aime être avec moi, dans sa maison-prison, à me regarder vivre ma vie. Je devrais quand même le pousser vers l'extérieur, l'amener d'avantage en visite, mais je manque de courage. J'assure pour le reste, mais cet aspect là m'épuise et m'angoisse... La crise du bacon en public chez un enfant  de 3 ans est parfois difficile à vivre pour le parent, et c'est loin de s'améliorer quand l'enfant en question est rendu à 7 ans et qu'en prime, il est différent des autres.

L'été dernier, j'ai abdiqué. Après des mois de cris et d'agressions, après des nuits d'insomnie et des cernes permanents sous mes yeux, après avoir réalisé que l'ensemble des personnes qui côtoyait mon Eliott était à bout de ressources, j'ai choisi de le médicamenter (non, il n'y a pas d'erreur... Le verbe médiquer n'existe pas!) Son pédiatre m'expliquait l'effet du médicament dans son cerveau: le spectre autistique devient moins envahissant, l'enfant tente d'entrer en contact avec les autres (pas toujours adéquatement), il vit au quotidien beaucoup moins d'anxiété, il réapprend à entendre les sons et comprend son environnement différemment .. c'est comme une deuxième naissance pour lui.



Eliott va beaucoup mieux que l'an passé. Il n'agresse plus les autres à part ses parents ou les gens près de lui pour leur signifier qu'il n'est pas d'accord (je vous rappelle qu'il ne parle pas). Il ne crie (hurle) pratiquement plus.  Il est très charmeur, me regarde dans les yeux, tente de trouver des façons de communiquer. Il m'épate et me rassure dans cette décision si difficile à prendre pour le parent qui ne veut pas droguer son enfant... il en a besoin, c'est évident. Je me souviendrai toujours de ces mots que le pédiatre m'a dits un jour de grand découragement: "Catherine, tu trouves ça difficile et tu n'es pas bien? Dis-toi que c'est pire pour ton fils. Hurler et agresser les autres sans être capable de se retenir n'a rien de plaisant pour lui. Aide-le à se gérer".

L'envers de la médaille, c'est cette surdose de... comment dire... de présence, de dépendance? Oui, j'aimerais qu'Eliott prenne des décisions ("je fais un casse-tête ou je dessine?) et qu'il marche vers l'autonomie. Mais ce n'est pas ça, pas encore... laissons lui le temps, il en a tellement besoin.

dimanche 7 avril 2013

Facebook: nous sommes tous la plaie de quelqu'un...



On me disait dernièrement que mon rapport avec les réseaux sociaux était... mystérieux. Ou plutôt marginal. Dans la vraie vie (oui! J'habite dans un vrai appartement, dans un vrai quartier et j'ai des amis, en chair et en os, qui viennent m'aider à déménager quand c'est le temps et qui sont là pour célébrer ou brailler la vie tout dépendant de l'occasion. Ils font, bien sûr, partie de mes 458 "amis FB", entre le gars dont j'oublie la raison pour laquelle il est dans ma liste de contacts et la fille que j'ai revue pour la dernière fois en 1998...), dans la vraie vie disais-je, je suis plutôt discrète, pas trop du genre à m’épandre en lamentations diverses ou même, à tout simplement parler de moi. 

Je préfère de loin vous raconter des histoires ici quand je sens que c'est le bon moment, ou sur Facebook parce que ça me donne l'impression de "faire un show"... Je me trouve souvent très drôle en fait. Peut-être aussi que je suis la seule à rire de mes "jokes", peut-être pas... Mais pour être honnête, je m'en fou un peu. Toute cette virtualité donne moins d'importance à nos propos, je trouve. Quand ça ne se passe pas dans le blanc des yeux, c'est moins intense, moins direct... et donc moins propice aux débordements d'émotions (je m'y connais en crise de toutes sortes: larmes, hystérie, urticaire... name it!). 

Bref, cette interminable introduction est pour vous dire qu'au fond, nous sommes tous la plaie de quelqu'un sur Facebook. Moi la première, je suis possiblement celle que tu aimerais masquer tellement je pollue ton fil d'actualité. Surtout pendant les élections. T'sais, jamais je ne t'en tiendrai rigueur si tu le fais (mais si je m'en rends compte, je te flush illico de ma liste de contacts).

Pour ma part, voici un mini-palmarès de mes plaies Facebook à moi. Si tu te reconnais, ne vas pas pleurer toutes les larmes de ton corps en boule dans le coin de ta chambre, ce n'est vraiment pas très grave. Profites-en plutôt pour faire comme moi et t'accepter tel que tu es (je sais, je sais, tu es plein d'envie face à cette étonnante maturité...toi aussi un jour, tu te sentiras riche de l'intérieur...)

4- Celui ou celle qui publie quelque chose qui débute par "Curieux de voir combien de mes amis le feront! Si comme moi, tu connais quelqu'un qui connait quelqu'un qui..." et qui demande à ses contacts de faire pareil

Écoute, je ne suis pas homophobe, ni raciste. Je connais des handicapés et des personnes qui ont été très malade. J'aime la nature et je suis pour les femmes, les amérindiens, les nains, les roux, les carnivores, les  végétariens, les chats pis toute, pis toute. Je suis aussi pour la liberté d'ouvrir sa page FB sans se sentir comme une merde à toutes les deux secondes parce que je ne publie pas toutes ces requêtes.

3- Celui ou celle qui publie à tous les jours des phrases à saveur philosophique sur un "background" d'enfants qui meurent de faim ou d'un aigle prenant son envol

Ok je l'avoue. Je l'ai déjà fait une fois ou deux. Dans un moment très sombre de ma vie où j'avais définitivement besoin d'entendre quelqu'un me dire quelque chose comme "celui qui ne s'ennuie pas de toi ne t'aime pas". J'ai lu ça et BANG! Publié. Je comprends par quoi tu passes, je le sais que la main te brûle de cliquer j'aime et ainsi, faire savoir à tous que tu as enfin compris le sens de la vie. Résiste, t'es capable.

2- Celui ou celle qui participe à tous les FUCKING concours qui passent sur facebook, même si la page d'origine contient 22 fautes d'orthographe ("trau québékois" ou "si toi ausi t'ai contre les frais de scolariter")

Le principe est très simple: informe-toi et vérifie les sources des concours auxquels tu participes. Si c'est la boutique à côté de chez vous qui fait tirer un rideau de douche, FINE!!! Mais si c'est "ces tro miiigggooonnn" qui te promet une caméra Nikon à 2000$, oublie ça.

1- Celui ou celle qui parle de météo à tous les jours, deux ou trois fois par jour, et qui pense être le seul à vivre en Abitibi-Témiscamingue

Il neige. Ben oui, il neige! Depuis le mois d'octobre et ça se pourrait que ça se poursuivre pour quelques semaines encore. C'est de même. Tu ne peux RIEN faire. Sacrer après mère nature ne te donne pas l'air ben ben plus intelligent. Et ce n'est pas de la faute de la personne qui "passe la gratte" non plus. Arrête ça ou déménage en Floride.

458 "cheers" à vous tous, amis Facebook! Je vous aime t'sais, je suis même totalement dépendante de vous... La preuve, certains m'ont inspirée ce billet! X